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Enseignements 
 
Le Nouveau Testament d'un point de vue Juif
 
 
 
 
 
Le désaveu de Pierre - La comparution de Yéshoua
 

 Yaakov, Béla Orbán 

 
«...et aussitôt le coq chanta.»

Et Pierre se souvint de la parole que Jésus avait dite:

"Avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois."

 
Le déroulement de deux histoires parallèles :

 

         Cette histoire nous rapporte le comportement simultané de deux personnages différent.

Le premier personnage est Yéshoua Lui-même qui est amené devant Caïphe le grand prêtre et qui déjà à ce moment là comparaît en tant que Véritable Grand Prêtre et en tant que Roi Oint rendant un témoignage digne devant ses détracteurs illégitimes.

 

        L’autre personnage est Pierre qui s’assit d’abord silencieusement parmi les gardes et les bourreaux…

C’est la fidélité envers son Maître qui guida ses pas jusque-là. Il a malgré tout fini par le renier, tout comme Yéshoua l’avait prédit (verset 34).

Il a cependant gardé la fidélité de sa foi cette nuit là aussi :

«…si tous étaient scandalisés en toi, moi, je ne serai jamais scandalisé (en toi).

Et Jésus répondit: Amen…» (verset 33)

  

La tournure Jésus-Christ et Christ-Jésus

 

        À la question du grand prêtre : « ...es-tu le Christ, le Fils de Dieu? », Jésus répondit en le jugeant par ses propres paroles :… «  tu l’as dit… » (verset 63)

Puis, Jésus renforce les conséquences de cette déclaration de Caïphe avec les mots du Messie en disant :

« …vous verrez le Fils de l'homme siégeant à droite de la Puissance et venant sur les nuées du ciel. » (verset 64)

Deux procès sont donc en cours au même moment !

 

- Le premier intenté par des personnalités illégitimes, par de faux prêtres et un faux conseil (Sanhedrin) selon Dieu et même selon les lois juives.

Un procès provenant de l’âme et qui entraina des sanctions physiques et engendra la mort…

 

-  Le second commence par l’interrogatoire de Yéshoua et continue par le jugement du Roi Messie Oint et du Grand Prêtre selon Dieu.

Ceci fut un dialogue de l’âme qui a ouvert la porte vers des conséquences et un jugement spirituel.

 

Ce procès a pris une tournure différente à partir du moment où Caïphe fit de Yéshoua le Messie par sa propre déclaration. La vérité divine est devenue verdict à cet instant là…

S’il n’avait pas été au courant de ce fait inéluctable, s’il n’avait pas su cela au fond de lui-même, la question n’aurait jamais pu retentir de sa bouche !

Mais, il avait estimé que le moment était venu, après avoir occulté et nié les miracles messianiques devant le peuple, de tuer l’homme Yéshoua en l’assaillant de fausses accusations et de calomnies de toutes sortes.

C’est ainsi qu’il aurait souhaité sauvegarder sa fausse dignité, sa fausse souveraineté et ses propres intérêts.

Cependant pour qu’il soit lui-même jugé, il a fallu rendre public et audible le fait qu’il avait lui aussi reconnu le messie en Yéshoua. Cette reconnaissance suffit pour que Yéshoua puisse déclarer comme fait accompli devant le grand prêtre et le tribunal présent qu’ils verront tous le jugement du Messie s’accomplir sur eux comme conséquence de leurs paroles et de leurs agissements.

 

Nous pouvons lire et entendre maintes interprétations différentes concernant cet événement.

Un Jésus qui est droit, franc, n’ayant pas peur et doté de maintes autres vertus humaines…

Le Yéshoua HaMasshiah présenté comme personnage de conte de fée, qui enseigne les valeurs de l’honneur humain à réellement été dégradé et rabaissé au rang d’idéal humain par les théologiens.

 

Naturellement, pendant ce temps, nous ne pouvons que très rarement entendre parler et lire à propos de la différence entre le „Jésus historique”, et le Messie (Christ) de la foi ?

Il transparaît de la plupart des enseignements et des cultes la tradition de près d’un millénaire et demi que l’Église du Monde, la chrétienté païenne ou le paganisme chrétien enseigne sous le titre officiel de christologie.

La christologie n’est rien d’autre qu’une science formulée dans l’esprit de l’hellénisme selon laquelle Christ serait pareil à nous en raison de sa nature humaine.

Ce dogme de la double nature du Christ, a tout d’abord été enseigné selon le dogme de Nicée comme quoi le Christ est égal au Père. (325 av. JC)

Cependant, peu de temps après, la synode de Chalcédonie (451-ben av. JC) a complété cela par le dogme du pastiche…

À partir de ce moment, il n’était plus très difficile d’arriver à la conclusion que les juifs sont les assassins de Jésus, ou plutôt du Christ…

 

Par l’acceptation de ce dogme, il est pratiquement impossible de comprendre que c’est Yéshoua qui est debout devant le grand prêtre et le tribunal et qu’Il annonce la venue du jugement du Messie (HaMasshiah) aux oreilles de ses calomniateurs.

Celui qui accepte ce dogme est également incapable de comprendre comment Yéshoua est-il susceptible d’annoncer une prophétie concernant le Messie alors que les deux noms désignent la même entité ?

La christologie hellénique ouvre quant-à-elle la porte vers l’antijudaïsme, l’antisionisme voir même vers l’antisémitisme pure et simple.

 

Pierre et l’identité juive

 

Des spiritualités similaires sont à l’origine de la mauvaise interprétation et de l’incompréhension à propos du désaveu de Pierre.

Ces quiproquos sont de surcroît engendrés de façon volontaire !

Cette histoire également ne peut être comprise directement et entièrement que par un juif.

Par un juif qui de plus a Yéshoua HaMasshiah comme Seigneur et qui ne fait pas seulement qu’accepter son identité juive, mais qui vit cette identité au quotidien également.

 

Cette histoire pourrait être celle de l’épreuve d’un juif messianique de notre époque !

 

Selon l’histoire, Pierre a été courageux !

Mais il avait peur aussi !

Cependant il ne coïncidait pas avec le Pierre que la chrétienté à bien voulu ou aurait voulu reconnaître en lui.

Cette histoire et le Pierre juif sont bien loin de l’esprit du martyrisme qui est lui-même loin de la pensée juive.

La description du personnage tourmenté, triste, affligé et déchu, ayant des remords et qui s’en veut et ne peut se pardonner et qui de surcroît est en constante contradiction avec soi-même s’est généralisé au sein de la chrétienté païenne comme conséquence de ses racines pagano-helléniques.

 

Pierre était fort et courageux dans sa foi car il n’avait aucun doute quant-à son Maître.

Le ”Amen” de Yéshoua cité plus haut fut une bénédiction, un fondement et un ordre du Seigneur pour lui :  

”Ainsi soit-il”… - ”car Il est un Roi fidèle”.

Les juifs vivant actuellement connaissent et utilisent toujours le double sens de ce terme!

Ce mot est ordre et témoignage du Seigneur du monde qui arrive, puisque le ”amen” parle de Lui et renforça la Promesse de Dieu par Yéshoua HaMasshiah devant Pierre.

C’est ce qui raffermit le courage de Pierre, car il était en possession d’une promesse qui l’empêchait de se scandaliser (de chuter) dans aucun acte, aucune parole du Seigneur ni dans aucun événement qui Lui arrive…

 

Contrairement à l’enseignement des théologiens antisémites :

Pierre n’avait même pas peur !

 

Il n’est pas vraiment difficile de prouver cette affirmation.

Les dimensions de la Jérusalem d’alors ainsi que sa population devaient équivaloir à celles d’une petite ville, voire d’un grand village actuel.

De nos jours comme à l’époque également, dans ces endroits, les gens se connaissent les uns les autres et les nouvelles se propagent très vite.

L’œuvre et les miracles de Yéshoua ne se sont pas non plus réalisés dans l’ombre, tout comme son entrée à Jérusalem non plus, où probablement nombre de ses apôtres et disciples étaient présents.

L’ordre de l’arrestation s’adressait aussi à une personne en particulier : Jésus de Nazareth…

Le grand prêtre ayant subtilisé arbitrairement le pouvoir ainsi que ses acolytes ne se souciaient guère de la vie et du destin des disciples de Jésus…

Ils se craignaient les uns les autres et avaient peur pour leur pouvoir. Ils craignaient aussi et surtout Yéshoua HaMasshiah et avaient peur qu’Il les chasse de leurs positions et du pouvoir en tant que Roi Oint…

 

…La situation est exactement la même aujourd’hui !

Les églises religieuses et leurs dirigeants n’attaquent jamais ceux qui suivent Yéshoua HaMasshiah et qui, à la place du pouvoir ecclésiastique et institutionnel, choisissent de vivre en tant que membres du Corps du Christ.

Mais ils font tout pour empêcher que la connaissance du Messie (Christ) ne puisse croître, et que Ses ordres ne soient connus…

 

Pour eux, Pierre n’était pas un pêcheur dangereux, mais peut-être plutôt un pauvre juif à plaindre qui a sacrifié sa fortune, sa maison, sa famille et tout ce qu’il avait pour suivre un homme dangereux selon leur jugement.

Il n’était membre d’aucun parti...

Ils savaient aussi très bien que s’ils tuaient Yéshoua, les disciples se disperseraient et que tout reviendrait dans l’ordre bien établi selon leur pouvoir et leurs désirs.

Il n’y avait pas de loi martiale, de décret, de couvre-feu et d’interdiction de circuler ou de sortir et les disciples n’étaient pas persécutés non plus.

 

Cette affirmation est un faux enseignement chrétien qui ne fait qu’enseigner la haine des juifs !

Un détritus millénaire qui persiste encore aujourd’hui comme tradition vivante.

Mensonge conscient à une certaine époque et qui passe inaperçu aujourd’hui : …comment les juifs avaient-ils persécuté le « Pierre devenu chrétien (!) », ceux-là même juifs, qui voulaient également assassinèrent Jésus (!).

 

Pierre avait peur malgré tout !

 

Pas d’être scandalisé (chuter) en Yéshoua.

Pas de Le renier, ni que son Seigneur ne l’abandonne…

Il y avait un point dans sa vie qui s’était retrouvé en danger à cet instant :

Par la mort, la Résurrection et l’Ascension du Yéshoua HaMasshiah vivant, mais physiquement absent, il pourrait facilement perdre son Peuple, ou plutôt sa place au sein du Peuple et les dirigeants juifs pourraient bien l’en bannir à jamais.

Lorsque le tribunal jugea Yéshoua HaMasshiah, Pierre aurait très bien pu perdre tous ses contacts humains en confessant sa foi en le Seigneur.  

Puisque tout ceux qui ne connaissent pas, n’acceptent pas et ne croient pas en le Ressuscité, risquaient bien de le considérer comme un étranger au sein du Peuple.

 

De plus :

- Les envahisseurs romains le considèreront toujours comme un juif et il ne pourra jamais devenir romain…

Ni selon sa foi ni selon sa religion, car aussi bien en tant que juif qu’en tant que disciple de Yéshoua, la possibilité de s’identifier et de s’unir avec des païens idolâtres est désormais interdite pour l’éternité.

 

-Il est également devenu un individu indésirable aux yeux des dirigeants juifs. Il pourrait bien se voir être déchu de tous ses droits, être chassé et exclu du Peuple Élu.

Il pourrait donc en un mot perdre ses frères ainsi que les promesses que Dieu a faites au Peuple…

Il avait réellement toutes les chances pour que ces choses arrivent.

Ses vêtements, son accent, tout le trahissait et montrait son origine galiléenne. Ce dévoilement le déstabilisa dès le début :

Il était étranger même à Jérusalem !...

 

Un juif messianique aujourd’hui  peut vivre et faire cette expérience en tous points de sa vie!

 

La chrétienté religieuse et les fidèles baptisés dans les différentes églises et devenus leurs membres finissent toujours tôt ou tard par rejeter les juifs conservant et voulant garder leur identité, tout comme les membres de l’Empire Romain le faisaient à cette époque.

 

La communauté juive d’aujourd’hui est quant-à-elle pharisienne, voir saducéenne et nie avoir quelconque communauté avec leurs frères confessant leur foi en Yéshoua HaMasshiah…

 

Parmi ces deux problèmes, le second est le plus facile à supporter. Dans les synagogues et les « cours » juives, personne ne nous accuse, ne nous pourchasse ou ne nous fait de mal à cause de notre foi !

Ils ne nous renient jamais, mais ne font tout au plus que construire des murs entre nous.  

La chrétienté religieuse, elle, nous condamne et veut faire des chrétiens de tous les juifs par le biais d’une évangélisation violente et colonisatrice.

La situation de Pierre est une situation bel et bien d’actualité pour nous aujourd’hui et elle nous enseigne.

 

Nous sommes Juifs et nous sommes du Christ.

 

Les ”Romains”, les chrétiens alignés dans les rangs de l’œcuménisme, prennent leurs distances et n’acceptent aucune communauté avec les juifs messianiques, alors que la communauté juive pharisienne ou bien croyante que de par son appellation ne veut même pas se rendre compte de notre existence.

Tout comme Pierre l’a été autrefois, nous sommes nous-mêmes seuls aujourd’hui.

Seuls, et nous vivons dans la même foi que Pierre :

Nous ne pouvons jamais nous scandaliser (chuter) en Yéshoua HaMasshiah et les Promesses de Dieu sont réelles, les prophéties s’accompliront toutes un jour.

 

Cependant il nous est déjà interdit de nier 3 fois comme Pierre l’avait fait !

 

Pierre a eu la possibilité de le faire car il ne connaissait alors que la promesse de notre Seigneur et n’avait pas encore à ce moment là pu voir l’accomplissement de celles-ci.

Il n’avait pas encore pu à ce moment là être le témoin de l’accomplissement des Promesses commune de Dieu et de Yéshoua HaMasshiah en l’Esprit Saint puisque le moment de la Savouot (Pentecôte), lorsque l’Esprit Saint s’est répandu en lui et les autres, n’était pas encore arrivé.

Pierre a eu l’occasion de regretter ce qu’il avait fait.

Selon ce que nous rapporte Luc : « Le Seigneur, s'étant retourné, regarda Pierre. Et Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite… » (Luc 22: 61)

 

……………..Nous avons cependant déjà fait l’expérience des Promesse.

Depuis Savouot…

Depuis que le fait que le Messie ne nous ait pas abandonné soit devenu réalité, et que le Saint Esprit vit avec et en nous.

Il peut vivre, peut régner et surtout peut nous rappeler que :

 

Tu ne chutera, ne te scandaliseras jamais en Yéshoua HaMasshiah et en rien de ce qui arrive par Lui, de ce que tu reçois de Lui et de ce qu’il fait en toi, par toi ou à tes yeux !

 

Si tu déclare cela par la foi, comme Pierre l’avait fait, alors tu recevras aussi une réponse qui bénit de la part de Yéshoua HaMasshiah :

AMEN – Ainsi soit-il !

Si tu as chuté malgré tout, tu as toujours la possibilité d’aller devant notre Seigneur.

 

Pierre a trébuché, a vacillé dans sa foi car il devait se sentir abandonné en chair et en âme. Il devait se sentir comme un orphelin en corps et en âme après la perte de Yéshoua.

Il devait se sentir comme quelqu’un resté dans la solitude, sans frère, sans camarade et sans Peuple.

 

Notre désaveu n’est cependant plus comme celui de Pierre.

Celui qui a cru et a accepté les Promesses de Dieu ainsi que le pouvoir du Messie sur sa vie, ne peut effectivement plus jamais se retrouver seul !

Il doit entendre la conduite du Saint Esprit, la parole de notre Seigneur.

Il n’y a que les croyants religieux qui n’acceptent pas le Saint Esprit qui aujourd’hui vivent dans l’indécision et la peur comme Pierre à l’époque !

Le fruit de la foi, de la fidélité, de l’amour de Dieu et du repentir de Pierre a cependant été énorme :

Lors de la Savouot, c’est lui qui rendit le témoignage de Yéshoua, du Messie et de l’arrivée du Saint Esprit :

C’est lui qui fit le témoignage des Promesses accomplies de Dieu.  

 

 Jáákov
 
 

Traduit du hongrois par Richard (Zeev Shlomo)

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