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Pourim et l’Ahasvérus – l’Histoire du Juif Errant
 

Yaakov, Béla Orbán

Les récits du juif errant sont arrivés sur les étagères des bibliothèques hongroises par le biais des romans à quatre sous au long du 19ième siècle et au début du 20ième.

La Geste Romane, Fortunatus et beaucoup d’autres histoires du monde ont été adaptées et sont devenues des œuvres populaires de la littérature mondiale et font partie intégrante de la culture européenne.

Par contre, ”L’Histoire du Juif Errant” est devenu l’instrument caché de l’antisémitisme populaire, la version falsifiée d’une histoire biblique de la souffrance.

L’immortelle histoire du juif errant s’est donc vu octroyer un fondement et une explication basé sur la Bible.  

Tels sont les exemples suivants : 

- Jésus lui dit : "Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe? Toi, suis-moi." Le bruit se répandit alors chez les frères que ce disciple ne mourrait pas. Or Jésus n'avait pas dit à Pierre : "Il ne mourra pas", mais : "Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne." Jn. 21,22-23. 

- En vérité je vous le dis : il en est d'ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu le Fils de l'homme venant avec son Royaume. Mt 16,28. 

C’est lui qu’on identifie au serviteur du grand prêtre qui se montra hostile envers Jésus (Jn.18,10).

Les légendes se succédèrent et se multiplièrent par la suite…

- Le juif errant, maudit pour avoir frappé le Créateur du monde lors de Sa souffrance est ”naturellement” condamné à éternellement faire pénitence et a verser beaucoup de larmes… (Tiré d’une chronique d’un moine de Jérusalem du 7ième siècle de notre ère).

- Selon une légende arabe, le juif errant est un Samir.

Celui qui fit le veau d’or, à cause duquel Moïse l’a maudit… (Selon Gaston Paris 1880,1881)

- Selon une autre légende arabe :

Il s’agit de Zerib, fils du prophète Élie dont les jours furent prolongés par Jésus jusqu’à la nuit des temps… 

La version la plus connue est certainement celle qui nous provient de la région de Londres (St Alban) de la plume du moine Roger of Wendower:

Selon laquelle un certain Carthapilos aurait frappé Jésus dans le dos lors de Sa route vers le Golgotha lui criant les injures suivantes :

”Va Jésus, va, pourquoi tardes-tu ?”

La réponse qui l’aurait immortalisé aurait été :

”Moi, j’y vais, mais toi tu devras m’attendre jusqu’à ce que je revienne !”

Il vit donc depuis lors, s’endormant une fois tous les deux siècles et se réveillant après cents années de profond sommeil…

Cet huissier pagano romain s’est toutefois vu accorder quelques modifications dans une histoire écrite vers 1350 et qui devint populaire par la suite…

L’image du ”juif errant” prend forme ici, lorsqu’on lui donna le nom d’Ahasvérus qui aurait été un cordonnier né à Jérusalem, sur la maison duquel Jésus se serait appuyé et qui L’aurait chassé. C’est pourquoi Jésus l’aurait Lui aussi chassé, ce qui explique son errance éternelle…

Selon la version antécédente, l’esclave romain se serait baptisé et aurait reçu le nom de Joseph, mais le juif Ahasvérus restait juif quant à lui, et devait le rester pour qu’il puisse conserver sa malédiction…

Son destin et sa punition doivent être un avertissement éternel aux yeux des infidèles et des mécréants…

Ahasvérus, donc le ”juif”, devint la personnification même de la malédiction et du châtiment.

Un curieux ”hasard” s’est produit lorsque ce cordonnier juif a hérité du nom d’Ahasvérus, le nom d’un roi Perse !

C’est un curieux hasard puisque ce nom est synonyme de péché et de mécréance et en outre, ce personnage symbolise aussi la figure du roi bête.

A partir du moment où ce personnage fut associé à celui du juif errant, il a clairement été exprimé que le juif était vu, non seulement comme un objet de méprise, mais également qu’il n’avait aucune place, ni dans la société chrétienne, ni nulle part ailleurs dans le monde.

Il a clairement été déclaré que tout ”Ahasvérus” était étranger et de ce fait, tout juif l’était également. De plus, on se doit de s’en méfier car il est irrémédiablement pécheur et sous le châtiment de Dieu pour l’éternité.

Plus intéressant encore est le fait que la légende du Ahasvérus soit devenue populaire dans toute l’Europe.

L’histoire est parue dans plusieurs éditions consécutives, dans plusieurs pays et en plusieurs langues, tels le français, l’anglais, le néerlandais, le latin…

Luther lui-même en fit mention dans sa période antisémite… (Sur les juifs et leurs mensonges. Edelman 1986)

Cependant sur les territoires hongrois et slaves, cette légende fut absente pendant longtemps.

La question est de savoir pourquoi ? Parce que le citoyen hongrois de l’époque ne lisait pas et n’était donc pas encore en proie à la littérature médiocre, ou bien parce que le peuple réformé hongrois Calviniste de l’époque n’était pas hostile aux juifs ? ...

Plus tard nous remarquons cependant une infiltration du mythe dans la littérature hongroise également. La légende commença à inspirer quelques auteurs de la littérature populaire et nous retrouvons notre personnage dans certains romans.

Puis sont arrivés les livres bon marché surtout dans les milieux catholiques franciscains où la littérature légendaire et mythique devint très populaire.

Dans ce mythe, cette légende, mais surtout dans la littérature et la tradition orale calomnieuse et antisémite nous pouvons retrouver les éléments suivants :

1.    Toutes les variantes sont en relation avec l’histoire de la souffrance de Jésus.

2.    La représentation du Jésus souffrant et ”pauvre” s’appuyant sur la maison d’Ahasvérus.

3.    Les raisons de l’opposition d’Ahasvérus :

-    Jésus était selon lui, un désœuvré et un fainéant

-    Jésus profanait sa maison en s’appuyant dessus

-    il était riche

-    il ne voulait pas que Le souffrant salisse son entrée

-    ”il était un juif de pure sang”

4.   Ahasvérus est sans cœur et impitoyable

-    il était assis à l’extérieur sur un banc

-    il regardait

5.   Les actes d’Ahasvérus à cause desquels il fut damné…

- il a frappé Jésus dans le dos, il est sorti en courant pour Le chasser et Le battre.

- il L’a chassé avec fureur.

Toutes ces parties de la légende ont atteint un effet plus néfaste encore, lorsqu’on en a déduit des hypothèses qui continuent encore aujourd’hui à persister dans l’esprit antisémite moderne.

Toutes ces choses ont eu des conséquences. Des conséquences qui se manifestent dans la vie théologique au quotidien, aussi bien dans les universités, les livres, que du haut des chaires puisque ces fausses thèses se sont enracinées dans les dogmes chrétiens :

La malédiction…

Jésus a maudit le juif en le condamnant à la vie et à l’errance éternelle sur terre au lieu de la rédemption et de la vie éternelle au Paradis…

Tout ça seul, sans famille et sans patrie, dans les pires tracas…

La concrétisation de cette malédiction nous est rapportée comme suit :

1. / il commit souvent le suicide sans résultat ; durant les combats, les armes sont inoffensives contre lui ; les animaux sauvages n’en viennent pas à bout ; il est capable de plonger dans l’eau du haut d’une falaise sans se faire la moindre égratignure ; le feu ne le brûle pas non plus ; rien ne peut lui nuire puisque l’au-delà ne l’accepte pas…

2. / son apparence est abjecte et pitoyable, il porte des vêtements sales et déchirés ainsi qu’une longue barbe...

3. / …il vit encore….

Certaines de ces calomnies sont des signaux d’alarme et continuent à tromper les gens impies de nos jours : ”…tu finiras comme eux, les assassins de Jésus et les calomniateurs du Christ…”

Bien que nous ne sachions pas à quel point est juif le personnage de la légende du ”juif errant” suivant les différentes régions du monde dans lesquelles il est conté, ou s’il n’est que la simple représentation et personnification du mal, il est tout de même nécessaire d’attirer l’attention sur les effets néfastes d’un tel mythe… Car ce sont de telles légendes qui sont susceptibles d’empoisonner et de déformer la pensée humaine et l’image qu’on a de son prochain.

Ce mythe est en partie responsable de l’image du juif déicide qu’ont les chrétiens.

Même dans le cas d’une petite légende de la sorte, nous nous devons d’avertir l’opinion publique et de déclarer que ce n’est pas le Peuple Juif qui est responsable de la mort du Christ, ce n’est pas (seulement) lui qui L’a tué.

Nous devons faire connaître le message des prophéties pour comprendre le phénomène de la diaspora juive, ses causes et ses raisons dans le plan divin.

L’éradication des fausses images peut nous permettre :

- d’apprendre à se connaître réellement les uns les autres

- de mettre fin aux angoisses et aux peurs dues à ses fausses images et ainsi mettre fin à la haine

- mettre fin à l’humiliation des autres et aux calomnies

Un tel travail permettrait aux juifs de remplir la tâche que Dieu leur a confiée :

- Son passé, présent et avenir prophétique ainsi que son témoignage peut lever le voile sur le projet de Dieu avec le monde, Sa Volonté et Son pouvoir.

- Et pour ce, il doit faire connaître les Lois qui lui ont été révélées pour que les peuples comprennent enfin à quoi sert la Rédemption. Sans les Lois, il n’y aurait ni Rédemption, ni Salut, ni Vie Éternelle.

 

Traduit du hongrois par Richard (Zeev Shlomo)

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