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Les chiens infidèles

Yaakov, Béla Orbán

 
″Ses guetteurs sont tous des aveugles, ils ne savent rien; ce sont tous des chiens muets, incapables d'aboyer. Ils rêvent, restent couchés, aiment dormir.″(Bible de Jérusalem: Is56,10).

Le temps des prophéties s’est interrompu lorsque la continuité, la chaine de succession prophétique s’est rompu. Avec le retour d’Aggée (Haggaya 520 av. J.-C.) d’exil ainsi que celui de Zorobabel, de Zacharie (Zekarja) et de Malachie (Malachie 450-400 av. J.-C.) les prophètes se sont tus pendant près de quatre cents ans.

″Une voix céleste (bat kol) dit : il y aura parmi vous quelqu’un qui sera digne de recevoir l’Esprit Saint (Rouah HaKodes), bien que le peuple entier en soit indigne...″ (Tossefta Sota, 13,3)

Lorsque Hillel prononça ces mots devant ses disciples, peut-être ne savait-il pas, ou le savait-il sans pouvoir comprendre qu’après quatre cents ans de silence Quelqu’un arrivera parmi Son peuple, parmi le Peuple Élu, qui sera Lui-même La Voix céleste : Lui, qui rempli par le Saint Esprit de Dieu ne sera plus le prophète du peuple juif uniquement mais également celui de l’humanité toute entière. 

De nos jours, soit on empêche les prophètes de parler soit ils se taisent à nouveau. Le silence est de nouveau là et bientôt la voix du Prophète, celle du Christ ressuscité, celle du Messie, du Roi qui reçut l’onction retentira à nouveau et cette fois-ci le monde entier entendra ce qu’est le projet de Dieu pour l’humanité.

La “Voix Céleste” n’est rien d’autre que l’Esprit Saint par qui, dans le Corps du Christ fonctionnent de nouveau les dons spirituels de la vision et de la conduite prophétique.

Au moment de la naissance de Yéshoua ainsi que du silence des prophètes, le peuple juif n’avait cependant pas abandonné Son Dieu. Il voulait mener une vie qui plaise à Dieu ; en conséquence de quoi sont nées les polémiques pharisiennes concernant la Loi, les explications à la lettre des écritures (Talmud – Doctrine orale), la recherche et le respect des coutumes (Midrash et Aggadas) qui sont passées en premier plan, ainsi que le mysticisme qui s’éleva au rang de sciences occultes (numérologie et géométrie). Parmi toutes celles-ci se distingue en particulier la cabale (précepte mystique traditionnel) qui fut connue et utilisée par les ″détenteurs des doctrines secrètes″. La cabale encore utilisée de nos jours s’est développée sous l’influence de l’essor de certaines philosophies : hindoue, persane, néo-platonique, néo-pythagoriques ainsi que de celles d’autres philosophies étrangères au judaïsme.

La Mishna est également l’un des fruits de toute cette recherche d’une vie qui soit plaisante à Dieu. Elle n’est rien d’autre que le condensé de tous les ordres de Loi cités ci-dessus.

Toutes ces énumérations ainsi que la connaissance des étapes de l’évolution de la vie religieuse du judaïsme, du spirituel vers le psychique, ne nous intéressent que pour mieux comprendre les circonstances religieuses dans lesquelles vivaient Yéshoua et ces disciples. Telles étaient les nombreuses branches pharisiennes et autres du judaïsme de l’époque.  Il est également important de comprendre ceci car le judaïsme contemporain lui aussi est régi par des doctrines et des croyances humaines et non par la vision prophétique et par l’Esprit Saint.

Du point de vue chrétien, ces changements de la vie religieuse du judaïsme ne sont malgré tout pas à concevoir comme une route qui soit propre au Peuple Élu.

Nous retrouvons le même pharisianisme aujourd’hui au sein du christianisme également. Les ″Talmuds″ chrétiens nés de la plume de certains théologiens sont bel et bien existants et remplissent à eux seuls des bibliothèques entières. Les traditions chrétiennes ainsi que le respect de celles-ci vont parfois jusqu’à l’idolâtrie pure et simple. La multitude des assemblées chrétiennes cherchent les secrets souvent à la manière du cabalisme et en les expliquant souvent à l’aide de la numérologie.

Aujourd’hui également nous retrouvons dans les bases de l’Eglise pagano-chrétienne du monde des éléments importés du mysticisme hindou, persan, gréco-romain, ainsi que de ceux d’autres philosophies et sciences issues d’autres religions païennes. C’est au beau milieu de ce désordre, de ce chaos judéo-chrétien qu’est apparu et qu’apparaît encore l’Esprit Saint en Yéshoua HaMasshiah selon l’accomplissement des prophéties promises.

Ce fut dans le but de rétablir ce désordre que Rav Saul (l’Apôtre Paul) fut envoyé. De nos jours également, c’est Dieu qui rétablit le travail apostolique pour que le Peuple de Dieu et le Corps du Christ se remette sur ses bases. La mission apostolique ne fonctionne cependant pas sans la vision prophétique, mais la présence de ces deux choses permet le bon fonctionnement du ministère pastoral. Le rétablissement du ministère apostolique et prophétique marque le début du processus et l’accomplissement prophétique de la greffe et de la greffe à nouveau des branches dans la racine de l’olivier apprivoisé.

La situation actuelle peut malgré tout être définie par les mots d’Ésaïe qui sont en même temps les paroles du jugement de l’Eternel. Notre Dieu nous rappelle aujourd’hui encore la raison pour laquelle nous nous trouvons dans la même situation que le peuple d’Israël d’alors !

″Ses guetteurs (sentinelles) sont tous des aveugles...″

Pour Israël, les sentinelles, les guetteurs furent toujours les prophètes. C’est à eux que la vision, la conduite fut accordée. Ce sont eux qui furent les intermédiaires entre Dieu et le peuple. Selon leur appel, ils transmirent la volonté et les intentions du Seigneur puisque c’est eux qui avaient un contact confidentiel avec Dieu.

C’est par la bouche de ces prophètes que Dieu divulgua Sa Parole au peuple sans aucune altération, comme lorsqu’un facteur transmet une lettre intacte au destinataire. Ils entendirent premièrement, puis cette ouïe leur montra la direction à prendre, ils connurent Dieu et ne virent qu’ensuite. Ce sont ces deux choses que leur mission combinait lorsqu’ils furent autorisés à divulguer ce qu’ils avaient entendu. 

En plus de cette activité prophétique, un travail pastoral s’accomplit également. Les prophètes menaient le peuple selon la volonté de Dieu, parallèlement et indirectement au monarque qui régnait à ce moment donné.

Ceci prouve à quel point l’action et la conduite du Saint Esprit sont inséparables du règne du Roi Yéshoua. Nous pouvons voir que l’Esprit de Dieu et l’Esprit du Christ ensemble et en même temps, en un Esprit sont toujours présents au sein du Corps du Christ et parmi le peuple de Dieu.

Au temps d’Ésaïe, tout comme de nos jours au sein du christianisme, c’est cela qui avait changé. 

C’est à cause de nos envies et de notre insoumission que nous nous sommes retrouvés dans une situation pareille.

Les raisons en sont les suivantes :

Les chiens sont voraces, insatiables, ce sont eux, les bergers incapables de comprendre. Ils suivent tous leur propre chemin, chacun, jusqu'au dernier, cherchant son intérêt… (Is 56,11)

Ce verset nous montre la raison pour laquelle toutes les bêtes des champs et de la forêt ont attaqué les assemblées et les communautés sans défense ainsi que le peuple de Dieu ! Pourquoi sommes-nous en diminution, frappés, blessés et amoindris ? Je pense que cela ne doit pas recevoir d’explications particulières. 

Ce sont les convoitises ismaéliennes et l’aspiration au succès, l’impuissance édomiennes et amalécite qui aveuglent et rendent vulnérables les guetteurs et les sentinelles. Le succès, l’argent et la fornication provoquent des désirs très puissants qui rongent la chrétienté.

De nos jours beaucoup de mouvements, d’assemblées voire même certains pasteurs et croyants poursuivent leurs propres chemins. Ils recherchent les endroits où ils peuvent assouvir leur soif spirituelle, physique et matérielle.

Reconnaissance, bonne situation, gloire, tels sont les noms des viandes dont sont remplies les casseroles vers lesquelles les chiens se ruent. Nous vivons réellement dans un monde de chiens !

Beaucoup abandonnent leurs postes de sentinelles, de gardes et pendant qu’ils construisent leurs propres assemblées, leurs propres projets, leurs propres vies, ils oublient la Parole de Dieu, Sa volonté, l’appel et la mission qu’ils reçurent de Dieu. Ils construisent des temples, des paroisses et beaucoup d’autres choses. Ils font prédominer leur situation financière et mettent l’argent au-dessus de choses plus importantes. Ces pasteurs qui ne veillent plus à ceux qui leur ont été confiés, ces pasteurs devenus des chiens de bergers haletants après les os et les morceaux de viandes au détriment de leurs troupeaux. 

Eux dont la gourmandise et le bruit des mâchoires les empêchent d’entendre. Eux qui ne veulent même pas entendre parler des prophéties, mais qui défendent avec acharnement leurs bouchées dodues.

Pendant ce temps les troupeaux se disperse et les bêtes des champs et de la forêt dévorent les plus vulnérables d’entre eux !

Satan est encore plus rusé que cela ! Il ne dévore pas les troupeaux égarés un à un, mais leur envoie des pasteurs provenant de lui. Il envoie des pasteurs et des chiens qui viennent de lui pour regrouper les troupeaux égarés, dispersés et fragiles pour les soumettre à sa puissance. 

Car les guetteurs...

Certains de nos ancêtres ne sont pas revenus de Babylone à l’époque car ils y vivaient bien. Ils devinrent les banquiers, les fonctionnaires et les dirigeants reconnus de l’Empire. Dieu leur a pour sa part retiré la vision et la conduite prophétique, il a retiré son Esprit Saint du peuple et a fait taire les prophètes pour une durée de quatre siècles. Le peuple n’avait été que désobéissance à Dieu…

Satan savait très bien déjà à ce moment-là qu’il devait s’attaquer tout particulièrement à la crème du peuple et tenter surtout les plus valeureux d’entre eux, ceux qui ont reçu le plus de talents !

Ils essayèrent de concilier leurs aspirations psychiques et la volonté de Dieu. C’est de là qu’est né le judaïsme rabbinique et ses produits susmentionnés. De la même façon le pharisianisme fit passer la chrétienté du stade spirituel au stade du psychique, faisant du chrétien une personne charitable et religieuse suivant les écritures et voulant s’y soumettre à la lettre...

L’Esprit Saint de Dieu ne se fit pas entendre jusqu’à ce que tous les juifs ne se réunissent à Jérusalem pour attendre l’accomplissement de la prophétie qui fut donnée par Dieu à Joël.

Car la promesse de Dieu n’est pas valable que pour une fraction du peuple juif, mais pour son entièreté !

Aujourd’hui également ! Tant que la chrétienté d’aujourd’hui ne se rendra pas à Jérusalem et n’attendra pas ensemble l’accomplissement des prophéties connues et acceptées, Dieu se taira.

La condition du nouveau et grand don du Saint Esprit aujourd’hui encore est le rassemblement des bannis d’Israël, des dispersés de Juda. 

Sans la connaissance de l’hébreu et de la mentalité juive, il est souvent plus difficile de comprendre certaines choses. Dans Ésaïe 56, nous trouvons l’exemple typique qui nous montre à quel point nous aurions besoin de connaître ces choses.

          Les prophètes sont des chiens gardant et menant le troupeau.

          Le don spirituel de la prophétie est indissociable du don pastoral.

          Le pasteur se doit d’avoir une vision prophétique et est responsable de la conduite de     son troupeau !

Pour soutenir ces déclarations, revenons-en à la définition-même du terme de prophète :

Le terme de prophète (nabi, pluriel : nebi) lorsqu’il apparaît sous la forme de hitpael veut dire être en extase, tomber en transe, lorsqu’il nous apparaît sous la forme de Nifal, il veut dire annoncer-appeler.

Dans le passage cité d’Ésaïe 56 où il est question de chiens, la prophétie découle du fait que l’étymologie du mot prophète (nabi) provient du mot nabach qui veut dire aboyer !

Le prophète est donc l’homme de la Parole. Le mot Parole (dabar) sous sa forme de piel (dibber) veut par contre dire : que les mots qui déchirent le voile doivent être dits successivement et de manière consécutive.

Donc le puissant message reçu de l’Esprit de Dieu (bat kol=Voix Céleste), qui brise la glace doit être prononcé mot à mot, de manière rigoureuse par celui qui l’a reçu !

En dehors de la connaissance de ce message, le prophète est responsable de son troupeau, de son peuple et se doit de le mener comme le fait un chien berger.

La tâche du prophète et du pasteur est donc d’annoncer en ″aboyant″, c’est-à-dire de façon distincte et audible, le message de Dieu dans l’ordre dans lequel il lui a été divulgué.

Quiconque dispose de la vision prophétique et du don pastoral se doit de veiller contre les esprits se cachant comme des prédateurs dans les fourrés à l’affut des brebis. Ils se doivent de faire entendre leur voix, de se battre, de défendre les brebis et de chasser l’ennemi ! 

Cette prophétie biblique n’était pas uniquement valable à l’époque d’Ésaïe. Aujourd’hui les chiens bien rassasiés (les pasteurs enjoints à la conduite du troupeau) dans leur orgueilleuse satisfaction et leur fainéantise se sont assoupis, rêvassent et ne font plus rien.

La voie vers le troupeau est libre pour les prédateurs.

Les chiens sont bien rassasiés et cherchent les prochaines bouchées dodues. Ils cherchent leurs nouvelles routes du succès qui les éloigneront encore plus de leur troupeau laissé sans défense. 

L’appel des prophètes consistait à annoncer au peuple le projet et la Parole de Dieu. La mission des prophètes aujourd’hui est pareille et non celle de déclarer leurs projets personnels, d’évangélisation ou paroissiaux.

Les prophètes doivent être en éveil puisque la paresse spirituelle peut être mortelle !

Il est donc temps qu’il y en ait de nouveaux qui soient en possession de dons prophétiques et de ministères. Il est également grand temps que les pasteurs recouvrent la vue prophétique !

Encore plus important serait que les pasteurs tombés dans l’inertie, dans la soif du succès et des bouchées dodues se repentent et qu’ils défendent à nouveau leurs troupeaux en ayant la vision prophétique qui ne peut provenir que de notre Seigneur. 

Nous avons besoin de chiens !

Nous avons besoin d’aboiements, de signaux sonores et d’appels à la lutte...

 

Chers Amis !

On a si souvent voulu me faire taire en me jetant des os bien en chair pour m’assoupir et me désamorcer. On a même été jusqu’à essayer de me tenir en laisse.

(Il y a peu on m’a même accusé d’être enragé en m’accusant de divulguer de fausses prophéties et en me dépeignant comme un chien qui ″mord″. Pauvres chiens déchainés...)

J’aimerais cependant ne pas cesser d’aboyer. Et j’aboierai tant que Dieu me le permettra, tant que cela servira au troupeau devenu sans défense. 

J’aimerais continuer à servir d’outil pour que la vision prophétique soit restaurée au sein du Corps du Christ.

Je suis un chien donc, un chien à qui Dieu a confié sa Parole, son projet et qui a reçu le devoir de conduire et de veiller. Je suis un chien sans troupeau, mais Le Pasteur m’a confié quelques brebis et j’aboierai toujours !

En tant qu’aide fidèle du Bon Pasteur.

Shalom !

 

30.09.2005

 

Traduit du hongrois par Richard (Zeev Shlomo)
 
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